Lors de votre formation en pilotage, vous avez été sensibilisé aux effets néfastes que les facteurs humains ainsi que certains aspects physiologiques pouvaient entraîner sur votre capacité à piloter un aéronef. L'hiver étant la saison propice pour développer une grande variété d'infections respiratoires supérieures incluant la grippe, il ne faudrait pas prendre celles-ci à la légère et être conscient des dangers qui y sont associés si vous envisagiez un vol. Les complications les plus communes des infections respiratoires supérieures sont certainement celles affectant l'oreille moyenne.
L'oreille moyenne peut être comparée à un caisson, fermé à un bout par un diaphragme flexible, le tympan et draîné à l'autre extrémité par un tube étroit appelé la trompe d'Eustache. La trompe d'Eustache n'est ni rigide, ni symétrique sur toute sa longueur et sa partie terminale située dans le nasopharynx prend la forme d'une fente étroite. Durant l'ascension, l'air s'en échappe généralement assez facilement puisque la pression de l'air emprisonné dans l'oreille moyenne est plus élevée que la pression ambiante. Cependant, durant la descente, l'égalisation de la pression par l'extrémité en forme de fente est beaucoup plus difficile puisque mécaniquement elle peut, dans certaines conditions, se comparer à une valve unidirectionnelle. Dans une telle situation, une pression négative se développera dans l'oreille moyenne amenant une douleur et une diminution de l'audition. En l'absence d'infection respiratoire, on peut habituellement égaliser la pression de l'oreillle moyenne en ouvrant et fermant la bouche comme lorsqu'on mâche de la gomme ou en exécutant une manoeuvre de Valsalva c'est-à-dire en pinçant le nez et en essayant de souffler doucement par les narines. Lorsque les oreilles ne peuvent être dégagées par ces techniques, la meilleure façon de le faire est de reprendre de l'altitude et d'amorcer une descente plus lente.
Lorsqu'il y a infection des voies respiratoires supérieures, les sécrétions entraînent une obstruction plus ou moins complète de l'extrémité en forme de fente de la trompe d'Eustache et rendent le dégagement plus difficile, voire impossible. La différence de pression entre l'oreille moyenne et l'air ambiant peut devenir si grande (pression négative) lors d'une descente qu'elle peut entraîner une exudation (accumulation de liquide), une hémorragie ou l'éclatement du tympan. C'est ce que nous appelons le BAROTRAUMATISME. Les conséquences d'un barotraumatisme peuvent être importantes puisque vous pourriez être considéré inapte à voler pour une période plus ou moins prolongée en plus de risquer d'endommager votre capacité auditive de façon irréversible.
Les règles à observer sont relativement simples :
N.B. Il est à noter que des barotraumatismes peuvent affecter non seulement les oreilles mais aussi toutes les cavités pneumatiques du corps. Ainsi, les sinus sont très sensibles aux gradients de pression et peuvent être endommagés par le même mécanisme que décrit ci-haut en présence d'infection.
Dr Martin Doyon M.D. M.Sc. FRCPC.
Région 03 - Québec